AD 2018 – Un développement féministe international contre la désolation politique?

Plénière, samedi 18:00-20:00

Cela ne s’annonce pas très bien. Pour toute personne qui tient à la solidarité et à la justice, cela peut devenir franchement inquiétant. Donald Trump est président des USA depuis début 2017. Il personnifie le sommet de l’iceberg de la droite et, en plus de scandales politiques et de la justification des agressions sexuelles, il a déjà commencé à envisager une guerre nucléaire. Dans presque tous les pays européens, nous assistons à l’essor de mouvements politiques de la droite populiste et même de groupes ouvertement d’extrême droite. Ils accèdent au parlement, se mêlent aux technocrates néolibéraux pour pousser au démantèlement de la sécurité sociale et attaquer nos salaires.

Mais cette « nouvelle droite » (qui n’est pas si nouvelle) incarne encore d’autres aspects. Le rejet de tous les progrès conquis, en particulier pour les droits des femmes : contre droit d’aimer qui on veut, contre le droit à l’avortement, etc… A l’opposé, elle met en avant la famille, accentue la différentiation entre hommes et femmes et glorifie ainsi le rôle de la femme comme mère et ménagère.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que les femmes se trouvent à la tête de la résistance contre ces attaques. Le mouvement « Ni Una Menos » a commencé en Argentine en 2015 et s’est répandu rapidement dans d’autres pays, comme par exemple en Italie. Il dénonce en premier lieu la violence sexuelle omniprésente envers les femmes et a trouvé non seulement un écho mais des millions de femmes qui le soutiennent. Aux Etats-Unis, après l’élection de Trump, les marches des femmes ont eu un succès considérable. En Suisse aussi, la marche des femmes de mars 2017 a surpris tout le monde par son ampleur ; son succès a rendu la critique féministe à nouveau audible. Ces exemples sont pris parmi beaucoup d’autres (Irlande, Inde, Algérie, Egypte, Russie, etc..). Tous ces mouvements ont en commun de ne pas se limiter à s’opposer aux violences sexuelles ou à un président, mais de remettre fondamentalement en question les rapports sociaux. Ils commencent à relier oppression, exploitation, inégalité sociale et patriarcat. Verrons-nous non seulement un essor du mouvement des femmes, mais peut-être des luttes sociales ?

Nous aimerions discuter  de cette question avec des militantes d’Argentine, des USA, d’Italie et de Suisse. Nous voulons découvrir les relations que les luttes des femmes entretiennent avec les développements sociétaux, comment ils se perçoivent et peuvent se développer mutuellement. Simultanément nous essaierons aussi d’interroger les références internationales pour comprendre où en est la lutte pour une société libre et solidaire.

Avec Lucia Sbriller, militante de Ni Una Menos de Buenos Aires et membre de l’organisation socialiste La Caldera (Chaudière),

Sherry Wolf, militante de l’ISO (International Socialist Organization) aux Etats-Unis,

Eliana Como, syndicaliste à la FIOM et militante de Sinistra Anticapitalista en Italie,

et une militante du Mouvement pour le Socialisme (MPS) de Zürich.