AD 2018 – Care et migrations

Salle 20, samedi 14h30 – 17h00

Elles viennent en Suisse pour quelques mois par année et habitent sur leur lieu de travail. Disponibles 24 heures sur 24, elles fournissent à domicile des prestations de ménage et d’assistance pour des personnes nécessitant des soins. Connues aussi sous la dénomination de migrantes du care, ce sont des saisonniers « modernes », qui s’occupent de la prise en charge de personnes dépendantes. Elles pallient à des lacunes de prise en charge qui, auparavant, étaient assumées au sein de la famille au travers d’arrangements entre les générations et les sexes.

Avec l’élargissement de la libre circulation des personnes à l’Est en 2011, s’est développé un marché en croissance pour l’assistance 24 heures sur 24 pour les personnes âgées. Des soi-disant agences de soins à domicile recrutent dans les pays de l’Est des forces de travail féminines pour l’assistance et les placent chez des particuliers en Suisse. Cependant le Conseil fédéral, selon sa décision de juin 2017, maintient que le travail de care fourni aux particuliers ne relève pas de la Loi sur le travail. C’est la pratique habituelle concernant les questions sociales en lien avec les accords de libre circulation des personnes conclus avec l’UE. Quand il n’y a pas de mesures de protection contraignantes, le dumping salarial et la précarisation des employés fleurissent.

Le travail d’assistance et de soins est une activité typiquement féminine, une part du travail gratuit de reproduction. Aujourd’hui, ce travail est partiellement rémunéré dans le nouveau marché des prestations. Néanmoins, la discrimination n’a pas diminuée. Au contraire, le report de ces tâches sur des travailleuses migrantes a ajouté à la discrimination de genre une composante basée sur leur origine.

Dans cet atelier, nous voulons éclairer plus précisément les conditions-cadres de ce travail de care réalisé de manière invisible. De plus, nous aimerions discuter des perspectives d’auto organisation de résistance, à l’exemple du collectif des travailleuses Respekt.

Avec Sarah Schilliger, sociologue et chercheuse dans le domaine care et migration, co-initiatrice du réseau Respekt,

et Bozena Domanska, ancienne travailleuse migrante du care, cofondatrice du réseau Respekt.