Féminisme/Genève/Italie

Strasbourg à propos du respect du droit à l’avortement en l’Italie : « Les femmes et les médecins qui pratiquent l’avortement sont discriminé.e.s »


Le Conseil de l’Europe fustige à nouveau le gouvernement italien pour les disparités dans les services offerts en matière d’IGV et demande que des mesures soient prises d’ici octobre 2019. 

Le Conseil de l’Europe a fustigé une nouvelle fois l’Italie en raison des entraves liées à l’application de la loi 194/1978 qui garantit l’avortement légal sous contrôle médical jusqu’à la fin du troisième mois de grossesse. Le rapport met en évidence les nombreuses restrictions d’accès aux soins, les inégalités régionales et les discriminations subies par les femmes comme par les médecins pratiquant l’avortement qui sont exposé.e.s à des actes de harcèlement.

Le comité européen des droits sociaux de Strasbourg a rendu public ses conclusions suite à des interpellations collectives pour violations de la Charte sociale européenne dans huit États membres de l’Union. Dans le cas de l’Italie, l’interpellation collective de la Confédération générale italienne du travail (CGIL) et d’autres organisations avait dénoncé l’application insatisfaisante de la loi 194/1978 quarante ans après son entrée en vigueur.

Déjà en 2014 et en 2016, suite aux recours de la CGIL et d’autres organisations, le Conseil d’Europe avait adressé un avertissement à l’Italie en raison du nombre croissant de médecins « objecteurs de conscience » donc opposés à l’avortement, et de l’absence d’un nombre suffisant de médecins non-objecteurs. Cela rend toujours aussi difficile aux femmes la possibilité d’interrompre une grossesse et les oblige parfois à envisager des solutions comportant des risques pour leur santé, ou de devoir se rendre dans d’autres pays pour pouvoir avorter. 

Pour Strasbourg la situation italienne n’est pas conforme aux règles internationales. Non seulement le droit à la santé des femmes est nié mais il y a aussi de nombreuses discriminations à l’encontre des médecins qui pratiquent l’avortement.

L’ Europe exige de l’Italie des mesures concrètes d’ici octobre pour supprimer, ou pour le moins réduire, les disparités régionales de fonctionnement des structures publiques à travers une répartition plus homogène de médecins acceptant de pratiquer l’avortement sur le territoire, la lutte contre les discriminations et par la prise en compte du harcèlement subi par le personnel sanitaire. Par ailleurs, il y a quelques jours seulement, dans son intervention annuelle au Parlement, le Ministère de la Santé a rendu public des données plus récentes, navrantes, sur le nombre de personnels de santé refusant de pratiquer ou de participer à un avortement :68,4% des gynécologues; 45,6% des anesthésistes; 38,9% parmi le personnel non médical.

 

Résumé d’un article de Eleonora Martini paru le 25 janvier 2019 dans le quotidien italien « Il Manifesto ».https://ilmanifesto.it/strasburgo-boccia-litalia-aborto-discriminati-donne-e-medici-non-obiettori/

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